Infertilité : la prévention et l’information

Marie-Ève Lemoine est la seule chercheure au Québec à s’être penchée sur la prévention de l’infertilité comme enjeu de santé publique.

Marie-Ève Lemoine

Son mémoire de maîtrise intitulé « La pertinence et les enjeux éthiques d’interventions de santé publique envers l’infertilité et l’âge maternel avancé », au département de Bioéthique de l’Université de Montréal, a été publié en 2014. Les 118 pages sont accessibles au public ici. Ses travaux ont même été publiés dans la prestigieuse revue Public Health Ethics. Elle a contribué spécialement à la recherche pour l’avis synthèse sur les activités de procréation assistée au Québec de la Commission à la santé et au bien-être.

Des études récentes ont démontré une augmentation de la prévalence de l’infertilité au Canada ainsi qu’une augmentation fulgurante de l’utilisation de la procréation assistée. Le Québec s’est doté en 2010 d’un programme de financement de la procréation assistée visant un accès universel ainsi que la protection de la santé des mères et des enfants. Les diverses parties prenantes attribuent un certain nombre de lacunes à ce programme, incluant l’absence de mesures de prévention et de promotion de la santé visant à réduire la prévalence de l’infertilité. En effet, une proportion significative de cas d’infertilité découle de facteurs modifiables et relatifs aux modes de vie tels que le tabagisme, les infections transmises sexuellement et par le sang, les problèmes de poids, les toxines environnementales et l’âge. De plus, l’âge maternel avancé ainsi que l’usage de la procréation assistée comportent des risques pour la santé des mères et des enfants au sujet desquels la population ne possède pas une connaissance suffisante. Des approches en amont ont été proposées par diverses organisations et dans divers pays, toutefois, peu ont été adoptées. Force est de constater que ces initiatives représentent de grands défis au point de vue de l’acceptabilité sociale, en raison de la nature sensible du sujet et d’une grande valorisation sociale de l’autonomie reproductive. L’éthique des communications en santé permet d’identifier ces défis qui touchent l’usage de tactiques persuasives, le risque de stigmatisation et l’attribution indue d’une responsabilité. Si leur élaboration tient compte de ces enjeux, les campagnes de communications en santé ont le potentiel d’informer adéquatement la population afin de favoriser l’autonomie et la santé reproductive des individus, sans causer de dommage iatrogénique. L’éthique de l’«empowerment», qui requiert l’attribution d’une responsabilité individuelle de nature prospective, l’apport de ressources concrètes et l’implication des communautés, permet d’identifier les besoins en termes de solutions législatives favorisant des contextes socioéconomiques qui soutiennent la santé reproductive et l’autonomie reproductive.

GrossesseDans le contexte de la révision du programme sur l’accès aux services de procréation médicalement assistée au Québec avec le projet de loi 20, le Colloque  – L’approche naturelle de la fertilité. Avancées et enjeux pour le secteur de la santé, le samedi 7 novembre 2015  à Montréal, offre une rare occasion de réfléchir cette fois dans une perspective de prévention et d’information, entre intervenentEs et personnes touchées de près ou de loin par l’infertilité.

Une période de questions permettra la discussion à la fin du bloc de présentations sur La prévention de l’infertilité, une affaire de santé publique avec Marie-Ève Lemoine et Katia Petitclerc.

Inscription jusqu’au 1er novembre.

#ColloqueFertilité #pl20 #1couplesur6

www.colloquefertilite2015.ca

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