L’IMPACT DE L’ÂGE SUR LA FERTILITÉ FÉMININE

Hugh ClarkDr Hugh Clarke, professeur titulaire au département d’obstétrique et gynécologie de l’Université McGill. Ses champs d’intérêt en recherche sont le développement de l’ovocyte, le mécanisme de communication entre l’ovocyte et son environnement cellulaire.

L’âge et la fertilité chez les femmes

Nous savons depuis longtemps que l’âge affecte la fertilité beaucoup plus chez les femmes que chez les hommes. Malgré cette différence biologique,  beaucoup d’influences dans notre société d’aujourd’hui poussent les femmes à reporter la décision de commencer une famille. Pourquoi les femmes sont-elles plus affectées par l’âge que les hommes ? Nous allons éclaircir des facteurs physiologiques qui sont à l’origine de cette différence et discuter des options qui pourraient être envisagées par les femmes afin de préserver leur fertilité.

Abby Lippman, PhD, généticienne, professeure émérite à l’Université McGill et associée en recherche à l’Université Concordia. Elle préfère se définir comme une militante féministe, intéressée par la santé des femmes et les politiques qui l’encadrent, impliquée activement dans la justice sociale et reproductive avec des groupes communautaires à Montréal et au-delà de ces frontières.

La cryoconservation des ovules pour raison de convenance. Une banque d’ovocytes pour la procréation future: solution technologique miracle ou problème social ?

Afin de les conserver pour une éventuelle utilisation à un âge plus avancé, soit au moment où la fertilité décline, l’extraction et la congélation d’ovules chez de jeunes femmes suscitent une série de questions allant au-delà de la simple technique (pouvons-nous le faire?) ou de l’utilitaire (cela répond-t-il à nos objectifs?). Ces pratiques touchent aussi des questions liées à la façon dont nous structurons la société, à la manière dont les inégalités de genre sont résolues, et à ce qui est nécessaire à la prise de décisions éclairées, bref des questions qui soulèvent des enjeux importants pour toutEs.  Cette communication vise à introduire certains problèmes qui nécessitent une attention particulière lorsque nous considérons la cryoconservation des ovules pour raison de convenance, en abordant ici principalement les conséquences pour les femmes et le contexte sociopolitique dans lequel la pratique est commercialisée et utilisée.

Lorsque des ovules préalablement congelés sont utilisés pour la fécondation in vitro (FIV) puis pour l’implantation d’un embryon, et qu’une grossesse est suivie par une naissance, il pourrait sembler que les femmes aient enfin accès au nombre d’enfants qu’elles veulent, quand elles le veulent, sans aucunement mettre en péril leur vie académique, professionnelle ou leur santé. Mais acheter du temps, comme la cryoconservation des ovules parait le proposer, est un achat très coûteux pour celles qui, entre autres objectifs, cherchent des moyens de concilier études, travail rémunéré et responsabilités domestiques – et de prolonger leurs années de fertilité. De plus, ces technologies ont aussi de graves coûts sociaux.

Présentées de façon strictement positive, les allégations ne considèrent cependant pas à quel point la cryoconservation des ovules pour raison de convenance se conforme aux modèles de genre – plans de carrière et de reproduction « normaux » -, promettant ainsi des années presque illimitées de fertilité aux femmes (comme ce serait le cas pour les hommes). Cette technologie offre aussi une solution apparemment simple à de nombreux autres problèmes complexes quand, dans la pratique, elle peut davantage nuire que promouvoir la santé, exacerbant du même coup des inégalités politiques et sociales complexes et interconnectées et entravant toutes tentatives de changements sociétaux qui favoriseraient l’équité, et la justice sociale et reproductive.

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