LA PRÉVENTION DE L’INFERTILITÉ, UNE AFFAIRE DE SANTÉ PUBLIQUE

marie-ève lemoineMarie-Ève Lemoine, doctorante en sciences biomédicales, option bioéthique, à l’Université de Montréal. D’abord physiothérapeute, elle a rédigé un mémoire de maîtrise sur la pertinence et les enjeux éthiques d’initiatives de santé publique envers l’infertilité et l’âge maternel avancé. Son projet de doctorat porte sur les enjeux éthiques et sociaux du dépistage prénatal non-invasif (NIPT) et s’inscrit dans un large projet pancanadien parrainé par Génome Canada, le projet PÉGASE.

La pertinence et les enjeux éthiques d’interventions de santé publique envers l’infertilité

Le Québec s’est doté en 2010 d’un programme de financement de la procréation assistée visant la protection de la santé des mères et des enfants. Diverses parties prenantes attribuent un certain nombre de lacunes à ce programme, incluant l’absence de mesures de prévention et de promotion de la santé visant à réduire la prévalence de l’infertilité. Une proportion significative de cas d’infertilité découle pourtant de facteurs modifiables et relatifs aux modes de vie tels que le tabagisme, les infections transmises sexuellement et par le sang, les problèmes de poids, les toxines environnementales et l’âge. Des approches en amont ont été proposées par diverses organisations, toutefois, peu ont été adoptées. Force est de constater que ces initiatives représentent de grands défis au point de vue de l’acceptabilité sociale, en raison de la nature sensible du sujet et d’une grande valorisation sociale de l’autonomie reproductive. L’éthique des communications en santé permet d’identifier ces défis qui touchent l’usage de tactiques persuasives, le risque de stigmatisation et l’attribution indue d’une responsabilité. Si leur élaboration tient compte de ces enjeux, les campagnes de communications en santé ont le potentiel d’informer adéquatement la population afin de favoriser l’autonomie et la santé reproductive des individus, sans causer de dommage iatrogénique. L’éthique de l’«empowerment», qui requiert l’attribution d’une responsabilité individuelle de nature prospective, l’apport de ressources concrètes et l’implication des communautés, permet d’identifier les besoins en termes de solutions collectives favorisant des contextes socioéconomiques qui soutiennent la santé reproductive et l’autonomie reproductive.

Kathia PetitclercKatia Petitclerc, accompagnante à la naissance et éducatrice périnatale (Kate Doula). Suite à un parcours académique et une carrière d’abord orientés vers les sciences et l’éducation, c’est un processus de plusieurs années dans les méandres de la procréation assistée qui l’a amenée vers sa véritable vocation. Riche de son bagage, de ses expériences et de nombreuses formations liées à sa passion, elle accompagne les familles, de la conception au poupon, et anime des ateliers et causeries depuis 2013.

Choix éclairé en matière de fertilité: réflexions sur l’accès à l’information et la responsabilisation

Alors que les cours de préparation à la naissance vont de soi, qu’en est-il de la préparation à la conception? Qui sont les acteurs appelés à jouer un rôle auprès des couples désirant fonder une famille et de quelle manière les accompagnent-ils? Quel rôle le milieu de l’éducation devrait-il jouer auprès des jeunes quant à la prévention et à l’éducation au sujet de leur fertilité et des principaux facteurs de risque? À quel point sommes-nous convaincus que les choix que nous faisons, à l’heure actuelle, en matière de procréation assistée, n’auront pas de répercussions futures sur un potentiel de fertilité déjà en chute libre? Quelle part devrait être réservée à la responsabilisation et à l’autonomisation individuelle?

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