LES TROUBLES DU CYCLE FÉMININ

victoria-doudenkova Victoria Doudenkova, doctorante en sciences biomédicales, option bioéthique, à l’Université de Montréal et étudiante à l’École de Naturopathie du Québec. Elle se consacre à la sensibilisation et la conscientisation des enjeux qui entourent la prise en charge médicale du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), suite à sa propre expérience en tant que patiente elle-même atteinte du SOPK. Elle propose une vision globale de prise en charge de la santé et de la fertilité des femmes.

Un regard éthique sur une des causes majeures d’infertilité féminine: vers une prise en charge globale des femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est un désordre endocrinien et métabolique largement répandu, touchant environ 5 à 10% des femmes en âge de procréer. En plus de rendre les femmes atteintes plus sujettes à des maladies cardiovasculaires, au diabète de type 2, aux cancers hormonodépendants ou encore à la dépression, le syndrome est responsable d’une portion considérable des cas d’infertilité féminine.

Aujourd’hui, la prise en charge biomédicale des patientes atteintes se concentre essentiellement, selon l’étape de vie de la femme, soit à masquer par la contraception hormonale les symptômes dérangeants d’une fonction hormonale défaillante, sans forcément chercher à l’améliorer, soit à proposer une induction forcée d’une grossesse qui tarde à venir avec les risques qui y sont associés. Considérer principalement ces deux aspects dans le soin donné pose des interrogations éthiques dans la mesure où cette manière de faire omet de prendre en considération la santé globale des patientes concernées. Dans cette vision partielle, les particularités de l’atteinte (facteurs génétiques et environnementaux, impact potentiel du mode de vie, santé générale du système glandulaire, paramètres métaboliques, etc.), pouvant contribuer à améliorer la fertilité de la femme, sont rapidement mises de côté ou tout simplement ignorées.

Dès lors, l’approche biomédicale actuelle omet complètement de nombreuses solutions simples, peu risquées et moins coûteuses (des exemples seront discutés pendant la présentation) qui pourraient contribuer à améliorer la santé à long terme et donc la fertilité d’une portion considérable de femmes concernées, utilisées seules ou conjointement avec des traitements biomédicaux.

Amélie Bourdiec Dre Amélie Bourdiec, a complété un PhD sous la direction du Dr Ali Akoum de l’Université Laval. Elle a ainsi contribué à l’amélioration des connaissances dans la dynamique de l’implantation embryonnaire en décrivant un mécanisme faisant intervenir des médiateurs immunologiques. Désormais, à titre de responsable de l’axe de recherche en immunologie de la reproduction au département de recherche et développement de la clinique OVO, elle travaille à l’implantation de nouveaux outils diagnostiques immunologiques, afin d’optimiser la prise en charge des couples infertiles au Canada.

Les enjeux majeurs en endométriose

L’endométriose est aujourd’hui un enjeu de santé publique. Cette maladie gynécologique qui touche près de 10 % des femmes en âge de procréer, est à l’origine d’une infertilité associée à une inflammation chronique locale, à des douleurs intenses lors des menstruations (dysménorrhées), à une altération de la réceptivité endométriale et à une diminution de la réserve ovarienne. Ainsi les femmes atteintes d’endométriose souffrent de douleurs pelviennes intenses et d’une infertilité sévère capable de résister aux traitements de fécondation in vitro.

L’étiologie de cette maladie reste encore mal comprise. Des anomalies d’origine endocrine, immunologique et du stress oxydatif permettent d’expliquer la physiopathologie de l’endométriose. Malgré ces avancées, il existe peu d’alternatives médicales aux traitements hormonaux pour contrôler cette maladie.

Aussi le diagnostic de l’endométriose reste sous-estimé étant donné l’absence de test diagnostique non invasif. Les enjeux majeurs en endométriose concernent donc le développement d’un test diagnostique ainsi que des nouvelles thérapies capables de stopper l’évolution de la maladie, et d’améliorer le potentiel de fertilité en même temps.

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